2011-01-30

A Davos des Financiers Tunisiens songent : «la démocratie est bonne pour l'investissement» / Finance TUNISIA : 'Democracy is Good for Investment'

Le nouveau gouverneur de la Banque de Tunisie a lancé, à Davos, un appel à la confiance aux investisseurs internationaux. Reprenant à son compte un des slogans des manifestants qui ont conduit au changement de régime politique, «la démocratie est bonne pour l'investissement» Mustapha Kamel Nabli a souligné que «le système des paiements fonctionne, tout comme les banques et les paiements extérieurs et qu'il n'y a pas de pression sur le taux de change».
Il a certes reconnu que certains secteurs, comme le tourisme a-t-il précisé, sont actuellement «désorganisés» du fait des changements politiques. Néanmoins il considère que la situation économique est «sous contrôle. Nous n'avons besoin d'aucune aide extérieure. Nos réserves de changes sont fortes». Adoptant délibérément un langage technique, cet ancien universitaire, qui est passé par la Banque mondiale, a expliqué que «les fondamentaux (économiques du pays) sont bons, la main d'œuvre est éduquée».
Interrogé sur les réserves en or du pays, il a précisé qu'un inventaire physique a été opéré par une équipe de deux contrôleurs internes et de deux auditeurs externes à la Banque. Il est apparu que les réserves en or détenues dans les coffres de l'institution à Tunis s élevaient à 5,7 tonnes, à quoi s'ajoute 1,4 qui a été déposée à la Banque d'Angleterre. Au total les réserves effectives sont conformes aux chiffres du FMI (près 6,8 tonnes). Contrairement aux rumeurs selon lesquelles l'épouse de l'ancien président Ben Ali aurait emporté 1,5 tonne appartenant à la Banque centrale, les réserves de cette dernière sont intactes.
Mustapha Kamel Nabli s'est présenté comme un universitaire, qui après avoir rejoint le gouvernement Ben Ali en 1990, s'en est séparé en 1995 pour émigrer. Il est accompagné à Davos de deux nouveaux ministres qui viennent tout juste d'être nommés. D'une part, Yassine Brahim qui a en charge le ministère des Infrastructures et des Transports et d'autre part Sami Zaoui. Ce dernier était jusqu'à ces jours derniers un cadre de la firme d'audit Ernst&Young à Paris, où il était établi depuis 23 ans. Il est désormais à la tête du ministère des Technologies informatiques et de l'information.





http://www.youtube.com/watch?v=guJ8BoABxqM 


http://www.youtube.com/watch?v=z7DxNjPz7zM&feature=channel
PS :
Yassine IBRAHIM :
Le nouveau ministre du transport et de l'équipement dans le gouvernement provisioire est diplômé de l'école centrale de Paris depuis 1989. Il a entamé sa carrière professionnelle au Cap Gemini et a ensuite rejoint la Société Générale ou il s'est occupé, pendant 8 ans, de la gestion des logiciels des marchés de capitaux et de l'infrastructure des technologies de l'information.Yassine Ibrahim a ensuite crée sa propre société de consulting et de logiciels qu'il a vendue à Ubitrade en 2002. En 2005, Il a été nommé directeur général de Ubitrade, société européenne leader dans le domaine de l'édition des logiciels, cotée en France et acquise en septembre 2008 par Sungard. Jusqu'à sa récente nomination, Yassine Ibrahim était le président de la division Global trading de Sungard, fournisseur mondial de solutions pour les opérations auxquelles ont recours les établissements financiers internationaux.

Mustapha Kamel NABLI : Kamel Nabli était jusqu'à sa nomination en tant que ministre un économiste en chef (Chief economist) à la Banque mondiale à Washington chargé de la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord). Formé aux Etats Unis, universitaire réputé de sciences économiques et ancien président de la Bourse de Tunis, il a également été ministre du plan et des finances dans les années 1990.
Sami ZAOUI : Sami ZAOUI est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP) et titulaire du diplôme d’expertise comptable français. Après avoir exercé pendant 7 années, de 1987 à 1994 au sein du cabinet d’audit et de conseil Ernst & Young à Paris, Sami ZAOUI rejoint le bureau de Tunis du cabinet AMC Ernst & Young, où il exerçait encore la fonction d’associé jusqu’à sa récente nomination, le 17 janvier 2011 en tant que secrétaire d'état auprès du ministre de l'industrie et du tourisme chargé des Technologies de l'information et de la communication. Dans ses fonctions au sein du cabinet Ernst & Young, Sami ZAOUI était chargé du département Business Advisory Services ce qui incluait le conseil en systèmes d’information et télécommunications ainsi que le conseil en stratégies de développement territorial. Sami ZAOUI était par ailleurs, président de l'antenne tunisienne de l’ATUGE (Association des Tunisiens des Grandes Ecoles Françaises) poste auquel il a accédé après les éléctions internes. Il a présidé l'ATUGE entre le 4 Avril 2009 et le 16 janvier 2011. Il est également membre du Comité de Haut Niveau pour la Science et la Technologie.

2011-01-18

Bourse de Tunis : Avis du CMF

Dans le but de protéger l'épargne investie  en valeurs mobilières, produits financiers négociables en bourse et tout autre placement donnant lieu à appel public à l'épargne, il est porté à la connaissance du public et des intervenants sur le marché que toutes les transactions sur la bourse de Tunis ainsi que l’ensemble des opérations de souscriptions et de rachats portant sur les OPCVM sont
suspendues  le mardi 18 janvier 2011.
Les modalités pratiques de reprise des transactions boursières seront annoncées par avis de la bourse de Tunis dès la levée de la suspension par le Conseil du Marché Financier. 
La reprise des opérations de souscriptions et de rachats portant sur les OPCVM sera décidée  par le Conseil du Marché Financier après concertation avec les gestionnaires et les dépositaires.

La Tunisie : la tête en Europe, le coeur en Orient et les pieds en Afrique



Le peuple a tranché.

"Tous les pays, disons occidentaux au sens large du terme, européens et américains, ont considéré que la Tunisie était un pays stable politiquement, qui se développait économiquement, où le statut de la femme s'améliorait, où des classes moyennes émergeaient, où un effort important a été fait du point de vue de l'éducation" 

"Sans doute avons-nous, les uns et les autres, sous-estimé le degré d'exaspération de l'opinion publique [...]", reconnait Alain Juppé (le ministre français de la Défense en excercice).

c'est d'autant plus difficile "dans des pays vis-à-vis desquels nous entretenons des relations qui sont à peine de la politique étrangère. La Tunisie, le Maroc, l'Algérie c'est presque un problème de politique intérieure pour la France, tellement les liens sont profonds, étroits" a admis Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, lundi 17 janvier.

2011-01-17

Tunisie : La liste complète du nouveau gouvernement d'union nationale

Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, reconduit, a annoncé la formation d'un gouvernement d'union nationale chargé de gérer la transition jusqu'à la tenue d'élections présidentielle et législatives.

Trois chefs de partis de l'opposition sont nommés au gouvernement : Najib Chebbi, chef de file du Parti démocratique progressiste (PDP) qui prend le poste de ministre du Développement régional; Moustapha Ben Jaafar, président du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDTL); et Ahmed Ibrahim, du parti Ettajdid.

Ci-dessous la liste complète :

Ministre de la Justice : Lazhar Karoui Chebbi
Ministre de la Défense : Ridha Grira
Ministre des Affaires Religieuses : Karwi Mizouri
Ministre du Développement local et régional : Ahmed Néjib Chebbi
Ministre de l'Enseignement Supérieur : Ahmed Brahim
Ministre de Commerce et du Tourisme: Mohamed Jgham
Ministre de la Santé : Mustapha Ben Jaafar
Ministre de l'Intérieur : Ahmed Friaa
Ministre des affaires étrangères : Kamel Morjane
Ministre de l'Education : Tayeb Baccouch
Ministre des Affaires sociales : Moncer Ruissi
Ministre de l'Agriculture : Habib Mbarek
Ministre de planification et de la coopération internationale : Mouhamed Nouri Jouini
Ministre du développement administratif : Zouheir Mdhafer
Ministre des Finances : Ridha Chalghoum
Ministre de la culture : Moufida Tletli
Ministre de la Femme : Lilia Abidi
Ministre des Transports : Slah Eddine Malouch
Ministre de la Jeunesse et des sports : Mouhamed Aloulou
Ministre de l'industrie et des technologies : Afif Chalbi

Les Secrétaires d'Etat :

Secrétaire d'état auprès du Premier Ministre : Abdejlil Bedoui
Secrétaire d'état : Abdelhakim Bouraoui
Secrétaire d'état chargé de la Jeunesse : Slim Amamou
Secrétaire d'état auprès du ministre des affaires étrangères : Ahmed Ounis
Secrétaire d'état auprès du ministre des affaires étrangères : Radhouane Nouisser
Secrétaire d'état auprès du ministre du développement local et régional : Nejib Kramti
Secrétaire d'état auprès du ministre de l'enseignement supérieur : Faouzia Charfi
Secrétaire d'état auprès du ministre de l'enseignement supérieur chargé de la recherche scientifique : Refaat Chaabouni
Secrétaire d'état auprès du ministre de la santé : Lamine Mouelhi
Secrétaire d'état auprès du ministre de la planification et de la coopération internationale : Abdelhakim Triki
Secrétaire d'état auprès du ministre de l'industrie et du tourisme chargé de l'énergie : Abdelaziz RassaâSecrétaire d'état auprès du ministre de l'industrie et du tourisme chargé des TIC : Sami Zaoui
Secrétaire d'état auprès du ministre des finances chargé de la fiscalité : Moncef Bouden
Secrétaire d'état auprès du ministre des finances chargé des domaines de l'état : Ahmed Adhoum
Secrétaire d'état auprès du ministre du commerce et du tourisme chargé du tourisme :
Slim Cheker
Secrétaire d'état auprès du ministre des Transports : Anouar Ben Gaddour
Secrétaire d'état auprès du ministre de l'agriculture : Salem Hamdi 

En outre, ont été només :
Gouverneur de la banque centrale : Mostapha Kamel Nebli
Président de la commission d'enquête : Taoufik Bouderbala (Ancien président de la ligue des droits de l'homme)
Président de la commission chargée de l'enquête sur la question de la corruption administrative : Abdelfattah Omar (Expert International en droits de l'homme)

2010-12-02

When Eric Cantona speaks Finance

The Former footballer Eric Cantona has called on a new form of direct protest - a mass cash withdrawal - to bring down the banks. So what would happen if everyone tried to withdraw their savings? From the footballer who once kung-fu kicked an abusive fan, a new form of direct action without any violence. Take your money out of the banks and spark their collapse, says Eric Cantona, in advice to the students and public sector workers holding protests in France and the UK."We must go to the bank. In this case there would be a real revolution," says the French former Manchester United star in a newspaper interview that has been filmed and widely viewed on YouTube. "It's not complicated. Instead of going on the streets and driving kilometres by car you simply go to the bank in your country and withdraw your money, and if there are a lot of people withdrawing their money the system collapses. No weapons, no blood, or anything like that."
So how effective would this form of protest be? In the very unlikely circumstance of everyone heeding Cantona's call, there are obvious practical hurdles preventing that number of people getting to cashpoints or queueing up in branches to withdraw their savings.But setting those aside, the banks would need to find more cash, because only about 5-10% of people's savings are kept in banks' tills. The rest is lent out or invested."Banks only keep a small fraction of their deposits as cash, so the cash machines would run out and cash in the branches would run out," says Richard Wellings, deputy editorial director of the Institute of Economic Affairs."They could go to the Bank of England [for some cash] or they could sell assets to release cash but they probably wouldn't bother because it would just be a temporary blip."Although some branches may have to close, it would be very different from a conventional run on a bank because depositors would know it was related to a protest and not an underlying problem with the bank, so confidence would not be hit in the same way, says Mr Wellings. Furthermore, all deposits up to £50,000 are government-guaranteed, through the protection of the Financial Services Compensation Scheme, so that would help strengthen confidence and prevent a panic. All their digital transfers would carry on as normal, this would just affect the physical payments of cash. These could be rationed or temporarily halted. "The only effect it would have is to inconvenience a lot of people when they go to the cash machine and try to withdraw their money but find there's no cash there. But it would not cause the collapse of the banking system. Notwithstanding the big problems, I can't see it having much of an effect in reality." When there is a run on a single bank for reasons of confidence, then the government can step in, as it did for Northern Rock in 2007. But if there was ever a collective panic sparked by a mass withdrawal against all the banks, then the consequences are far more serious. In 2001 during the Argentinian economic crisis, large numbers of people began taking their cash out of the banks, so all bank accounts were frozen for months.
If we will listen to the suggestion of Cantona, we will not be surprised to see soon an international committeeformed by Zidane, Cantona, Roberto Carlo, Maldini and Messi to resolve the finnacial global crash.

2010-12-01

Le marché de change en parfaite ébullition

Entre le 30 novembre et le 1er décembre 2010 la paire EURO/USD a évolué en dents de scie avec un apogée à 1.3180 et un périgée à 1.2968 (des entreprises se sont intervenues pour acheter vers 11h30, une banque asiatique a acheté massivement vers 7h00, une maison de titre anglaise a vendu vers 11h34 et une échéance d'une option vers 11h35): incontestablement, le FOREX présente des opportunités réelles pour faire de l'interday. Mieux, ces derniers temps, le forex trace manifestement l'évolution du marché des actions.
A mon sens, en prennat en compte l'endettemlent des états européens et les taux d'empreunts de plusieurs d'entre eux, rien ne justifie le décalage important entre l'Euro et le USD : l'Allemagne 2.6%, la France 3%, L'Espagne 5%, le Portugal 7% et l'Irlande 8%. Dans le cas où l'Espagne (4ème économie de la zone EURO) tombe, il faudra plus que 480 Milliards d'Euros pour le sauver; et donc l'éclatement de l'Euro serait envisageable. La vraie zone de valorisation des l'Euro est désormais autour du 1.20 $. Ce niveau un compromis entre croissance possitive et exportation. Le cas échéant, il faudra un euro à deux vitesses : un euro fort pour l'allemagne et ses pays satellites et un Euro faible pour le reste (A ce jour, seuls la France, le pays bas, la Finlande, l'Autriche et l'Allemagne résistent séreinement à la tourmente du monde de la finance ). Cette solution est désormais va à l'encontre des fondement de la doctrine économique qui a fait enfanter l'UE mais ellle nous évitera le pire. A ce stade, je me demande où ce sont passés les 700 Milliards de garantie qui furent annoncés à la crise grecque et jusqu'à quand nous continueront à alimenter les marchés financiers en aspirine ? d'ailleurs, en comparant la crise grecque à la crise irlandaise (structurelement similaires), je me rends compte que les annonces spectaculaires et les réunions d'urgence du weekend ne sont plus suffisants pour rassurer les marchés. A quand la véritable restructuration qui attaqura les"produitstoxiques ". A quand la juste regmentation globale ? Rappelons le, les pays européens ne pourront en aucun cas lacher un pays europeen en agonie budgétaire : un ils lui partagent la meme monnaie; deux leurs banques ainsi que leurs assureurs sont directement exposés à ce pay.

2010-11-23

TUNISIANA : QTEL et des investisseurs locaux achètent les parts d'Orascom

Un communiqué conjoint de Qatar Telecom (Qtel) et de Princesse Holding (groupe de l’homme d’affaires Sakhr El Materi) vient de confirmer que les deux parties vont acquérir les 50% des actions d'Orascom dans l'opérateur privé de la téléphonie mobileTunisiana.
Suite à l'intention du groupe Sawiris (groupe fondateur de Tunisiana) d'opter pour une fusion avec le groupe russo-norvégien VimpelCom, l'état tunisien a plaidé au rachat des 50% d’actions Tunisiana détenues par Orascom par Qtel ou un investisseur local. Dans ce sens, l’affaire Orascom aurait été l’un des sujets centraux évoqués lors de la visite de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani à Tunis le 8 octobre 2010. En effet, par sa position d'actionnaire majoritaire, Qtel dispose d’un droit de préemption sur les actions de Orascom dans le capital de l’opérateur privé. De l'autre coté, le groupe russe Vinpelcom est favorable à la cession des licences de Tunisiana (Tunisie) et Djezzy (Algérie) pour alléger son endettement suite à l’acquisition de 51,7% du groupe Weather, maison mère du groupe Orascom qui détient 50% du capital de Orascom Telecom Tunisie (Tunisiana). La fourchette d’évaluation de ces 50% est comprise entre 1,2 milliard $ (prix proposé par Orascom) et 0,9 milliard $ (prix initialement proposé par Qtel). Finalement, c’est à 1,2 milliard $ que la l’accord a eu lieu. Et nous apprenons que le capital de Tunisiana sera distribué comme suit: 70% pour QTEL, 20%  pour Princesse Holding, les 10% restants feront l'objet d'une introduction en bourse. La concrétisation est prévue pour début janvier 2011. Il circule que Sakhr El Materi s'est allié à l'homme d'affaire tunisien Hamdi El Meddeb pour arriver à cette formule.
Rappelons que l’opérateur privé détient les plus grandes parts de marché en Tunisie avec 53,3%, (soit 5,8 millions d’abonnés) contre 41,4% détenus par Tunisie Telecom (soit 4,5 millions d’abonnés)et 5,3% détenues par Orange Tunisie ; soit 576.000 abonnés.

2010-11-05

Sabotage à la bourse de Londres : info ou intox ?

La Bourse de Londres a été apparemment victime cette semaine d'un sabotage mystérieux qui va la forcer à retarder l'adoption d'une technologie révolutionnaire, une affaire qui sème la consternation dans la City en pleine guerre aux parts de marchés entre places boursières.
Tout remonte à mardi matin, à 08H23 heure locale, lorsqu'une panne interrompt soudainement les échanges sur la Bourse paneuropéenne Turquoise, filiale de la Bourse de Londres (London Stock Exchange, LSE). Il faudra deux bonnes heures aux informaticiens du groupe pour rétablir entièrement les échanges.
En apparence, rien de suspect, si ne c'est la durée relativement longue de cet incident. Ce genre de pannes, sans être courant, affecte de temps à autre la plupart des places boursières, malgré tous leurs efforts pour garantir un service à toute épreuve aux investisseurs. Turquoise en avait connu d'autres ces derniers mois.
Mais en fin de journée, la vénérable Bourse britannique, créée il y a plus de trois siècles, a révélé qu'il s'agissait d'autre chose qu'une panne fortuite. Elle a imputé la panne à "une erreur humaine", intervenue "dans des circonstances suspectes".
Sabotage délibéré d'un employé indélicat, ou d'un sous-traitant, voire éventuelle manoeuvre d'un concurrent aux méthodes déloyales? Le LSE a refusé d'en dire plus, se contentant d'indiquer qu'il avait ouvert une enquête interne et demandé l'aide des autorités pour l'aider à faire la lumière.
Et comme si une telle révélation n'était pas suffisante, la Bourse de Londres a décidé dans la foulée de reporter à l'an prochain un changement de technologie, censé raccourcir substantiellement les échanges sur sa plate-forme phare, le Main Market.
Ce "marché principal", sur lequel sont cotées entre autres les entreprises membres du Footsie-100, l'indice vedette de la place, devait en effet adopter ce mois-ci un nouveau système informatique, baptisé Millenium Exchange.
Ce système révolutionnaire a été conçu par la "start-up" sri-lankaise MilleniumIT. Acquis l'an dernier par le LSE, il permet d'effectuer les transactions de manière ultra-rapide.
Or, Turquoise avait servi de banc d'essai pour l'adoption ce système par le LSE. Etant donnée la panne mystérieuse qui a frappé la filiale, le groupe a préféré remettre à plus tard la "migration", comme disent les techniciens, de son marché principal.
Un retard pour le moins embarrassant. Turquoise s'était vantée le mois dernier, dans un communiqué triomphaliste, que cette nouvelle technologie en faisait la plate-forme boursière "la plus rapide du monde", avec un temps de traitement moyen des ordres ramené à 126 millionièmes de seconde.
Les places boursières européennes se livrent en effet à une véritable guerre des "microsecondes" pour réduire les temps de traitement des transactions.
Depuis leur mise en concurrence en 2007 et l'arrivée d'opérateurs alternatifs, elles cherchent à retenir et attirer les investisseurs en promettant d'exécuter leurs ordres toujours plus rapidement, leur donnant ainsi un avantage sur les autres intervenants.
Dans la City, cette affaire a semé la consternation. "L'univers torve du sabotage industriel a-t-il infiltré les Bourses mondiales?", s'inquiétait jeudi le Financial Times, ajoutant que l'idée d'un tel sabotage laissait de nombreux investisseurs incrédules.
En tout cas, en attendant que les causes de la panne soient éclaircies, cet incident illustre une nouvelle fois la fragilité des Bourses, sur lesquelles reposent des échanges quotidiens de plusieurs centaines de milliards de dollars.