Le CAC 40 a débuté la matinée en hausse de plus de 2%, soutenu par la décision de la Banque centrale européenne d’acheter des obligations italiennes et espagnoles sur le marché secondaire. Mais la Bourse de Paris a vu ses gains s’effriter progressivement au cours de la journée, pour terminer franchement dans le rouge, emportée par la baisse des marchés américains. Ces derniers ont été déprimés par la dégradation d’un cran de la note des Etats-Unis par Standard & Poor’s, annoncée ce week-end. L'agence de notation a également déclassé aujourd’hui deux leaders du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac.
S&P justifie la dégradation de la première économie mondiale par le niveau de la dette publique (proche de 100% du PIB), du déficit budgétaire (9% du PIB) mais aussi par des éléments politiques, à savoir les difficultés de la Maison Blanche et du Congrès à s’entendre sur une politique budgétaire viable. Les USA quittent pour la première fois le groupe des pays les mieux notés par S&P : celui-ci regroupe Singapour, le Canada, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Autriche, les Pays-Bas, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Suisse, la Suède, la Nouvelle-Zélande, le Luxembourg et l’Australie. Toutefois, certains analystes doutent que le Royaume-Uni et la France parviennent à conserver leur AAA. L'Hexagone a affiché un déficit budgétaire de 7,1% en 2010.
C’est la onzième séance consécutive de baisse de l’indice parisien, du jamais vu. Depuis le 22 juillet, où il a terminé à 3.842,70 points, le Cac a perdu 18,7%. Il est en baisse de 4,68% sur cette seule séance, à 3.125,19 points, dans des volumes une nouvelle fois très élevés (6,35 milliards d’euros). Il atteint son plus bas depuis le 15 juillet 2009, il y a plus de deux ans.
Plus de 200 points ont séparé le point haut de la séance du point bas. La même volatilité s’observe sur les autres places mondiales. A New York, le Vix, également appelé indice de la peur, a franchi brièvement, en fin d’après-midi, le seuil des 40%, pour la première fois depuis mai 2010. D’après les analystes, un tel niveau signale une entrée en crise. Lors de la dernière débâcle financière, au printemps de l'année dernière, l’Eurostoxx avait touché un point bas le 25 mai, quelques jours après que le Vix eût atteint un pic à 48,20%.
A Londres, le FTSE plie de 3,39% tandis qu’à Francfort le DAX s’effondre de 5,02%. A New York, le DOWJONES recule de 5,55 %, le NASDAQ de 6,90% et le S&P de 6,66%. Les valeurs bancaire en chute spectaculaire : Bank of America - 20,32 %, la Citi - 16,42 %, JPMorgan - 9,41 % et Goldman Sachs - 6,01 %.
L’euro cède du terrain face au dollar et s’échange à 1,4241. L’once d’or et le franc suisse ont atteint de nouveaux records. Sur le marché des matières premières, les cours du baril de qualité WTI perdent encore 3,46 dollars à 83,42. Les valeurs pétrolières et parapétrolières sont logiquement affectées : Vallourec s’effondre de 9,46% à 57,93 euros, Technip chute de 9,06% à 56,78 euros, tandis que Total céde 2,74% à 33,29 euros.
Les valeurs cycliques, et notamment automobiles, souffrent des craintes de récession, alors que les prévisions de croissance dans les pays occidentaux sont revues à la baisse. PSA, dont la recommandation a été dégradée à « sous-pondérer » par Morgan Stanley, chute de 9,10% à 20,37 euros. Pris dans son sillage, Renault fait même pire et dégringole de 9,26% à 28,40 euros. Michellin en pâtit et perd 8,18% à 46,94 euros.
Les valeurs financières sont toujours emportées par le courant vendeur. BNPP, qui s'est adjugé jusqu’à 7% en début de journée, glisse finalement de 3,21% à 39,31 euros. SG abandonne pas moins de 8,42% à 25,12 euros, Natixis 5,73% à 2,89 euros et CA 5,64% à 6,75 euros.
Les technologiques sont également dans la tourmente. Sale journée pour ALCATEL
, qui dégringole de 9,71% à 2,22 euros et signe la pire performance du CAC.
GDF Suez fait mieux que l’indice mais cède tout de même 2,89% à 19,82 euros. Le groupe gazier s’apprête à céder 30% de son pôle d’exploration-production au fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) pour deux à trois milliards d’euros dans le cadre d’un partenariat stratégique, selon le quotidien Les Echos. Le groupe devrait officialiser cet accord lors de la publication des résultats semestriels, mercredi. A noter par ailleurs que HSBC a relevé son opinion à surpondérer sur GDF Suezcontre sous-pondérer auparavant, pour viser 24 euros.
A noter que demain soir (20h15), la conférence de presse de Ben Bernanke, qui n'était pas prévue initialement, sera suivie avec attention. En particulier, les investisseurs se demandent quels mots le président de la FED emploiera au sujet de la croissance américaine, et si un nouveau plan massif d’injection de liquidités, un « quantitative easing 3 » (QE 3), sera évoqué. De nombreux économistes ont toutefois mis en doute l’efficacité des plans précédents, les QE 1 et QE 2. De plus, cela pourrait créer des tensions diplomatiques avec la Chine, qui reprocherait aux USA de vouloir à nouveau déprécier le dollar pour améliorer sa balance commerciale.
Le retour au calme n'est pas nécessairement pour l'immédiat : Barak Obama a échoué a faire passer son plan d'augmeter l'imposition des plus riche de 2% (la démocratie cette fois ci n'a pas servi l'économie américaine et repeblicians et démocrates ont déjà la tête aux élections), la plupart des dirigeants de la planète sont en vacances et ne sont pas disposés à interrompre leurs vacances pour calmer les marchés, le fond Européens constituer pour acheter la dette des pays Européens en difficulté ne sera suffisant pour couvrir une défaillance de l'iItalie ou de l'Espagne, l'Allemagne fait jusqu'à présent cavalier seul (ou presque).